Yoga Restauratif & Acupression

Table des matières

Yoga Restauratif pour l'Acupression

J’ai rédigé ce mémoire de fin d’études dans le cadre de ma formation en Acupression / Qigong Tuina.
Pour en savoir plus sur cette formation :

Soutenir le corps pour favoriser le soin – l’apport du yoga restauratif dans la pratique de l’acupression.

Résumé

Cette démarche s’inscrit dans mon parcours de reconversion professionnelle et dans le cadre de ma formation en acupression, dont cet article constitue le travail de fin d’études. Elle reflète une volonté de construire une pratique de soin attentive aux états de grande vulnérabilité, en interrogeant à la fois les outils utilisés, le cadre du soin et la posture du praticien.

Cette réflexion est née dans un contexte très concret : celui de soins réalisés auprès d’une amie atteinte d’un cancer du sein et suivant un traitement de chimiothérapie lourd. Son état de fatigue et de fragilité m’a amenée à chercher une manière de lui proposer une séance à la fois restaurative, douce et la moins fatigante possible. La question centrale était alors de savoir comment soutenir son corps, l’envelopper, et lui offrir un espace sécurisant qui soulage sans ajouter de sollicitation supplémentaire. L’idée d’utiliser des supports pour créer une forme de « nid » est née de cette recherche de réconfort et de respect du corps affaibli.

À partir de cette expérience, j’ai commencé à réfléchir à l’usage de supports sur la table de massage afin de limiter l’effort musculaire, favoriser le relâchement et permettre une détente profonde sans perte de présence. Dans un second temps, j’ai cherché à comprendre si ce type d’approche existait déjà dans des pratiques structurées, et s’il était possible d’en adapter les principes à mon travail d’acupression. Cette recherche m’a conduite à m’intéresser au yoga restauratif, dont la pratique repose sur l’immobilité, le soutien postural et la détente consciente.

L’article présente ainsi une adaptation de certains principes du yoga restauratif à une pratique de soin énergétique sur table de massage. Il ne s’agit pas de proposer du yoga restauratif au sens strict, mais d’utiliser les supports et les postures comme des outils au service du soin, en tenant compte de la présence du toucher et de la sollicitation extérieure qu’il implique.

L’installation de la personne à l’aide de supports permet de soulager le poids du corps, de favoriser le relâchement musculaire et d’améliorer le confort pendant la séance. Cette configuration facilite l’émergence d’un état de détente profonde consciente, distinct du sommeil, dans lequel la présence corporelle est maintenue. Cet état correspond à un apaisement du Coeur et du Shen, favorisant un « vide » intérieur propice à la circulation du Qi et à une meilleure intégration du soin.

Enfin, l’article aborde la question de l’ergonomie du praticien et ouvre une réflexion sur l’adaptation possible d’autres approches posturales, comme le Yin Yoga, afin d’enrichir la pratique du soin manuel en fonction des besoins spécifiques des personnes accompagnées.

Le besoin de douceur et de restauration pour certains publics

Dans un contexte de sollicitations constantes, le besoin de douceur et de restauration devient central, en particulier pour des personnes traversant des états de grande vulnérabilité. Pour certains publics, recevoir un soin d’acupression peut en soi représenter une sollicitation difficile à intégrer.

Les personnes souffrant de fatigue chronique, de fibromyalgie, de séquelles post-infectieuses, ou encore celles engagées dans des parcours oncologiques, en rémission ou atteintes de maladies auto-immunes, présentent souvent une énergie affaiblie et une capacité limitée à recevoir des stimulations. Les situations de stress chronique, de burn-out ou de dépression, les professionnels sous tension ou les personnes en fragilité psychique, nécessitent également une approche qui respecte les limites du corps et de l’esprit. Les douleurs chroniques, qu’elles soient lombaires, migraineuses ou neuropathiques, demandent enfin une attention particulière à la manière dont le soin est proposé, afin d’éviter toute surcharge.

Ces personnes partagent des besoins communs : un cadre sécurisant, une réduction de la charge sensorielle, et un environnement stable et contenant.

Au-delà de ces situations spécifiques, cette nécessité de protection et de relâchement concerne aujourd’hui un public beaucoup plus large. Le système nerveux, soumis à un rythme soutenu et à une stimulation permanente, peine à accéder spontanément au repos. La capacité à se détendre profondément, à faire le vide et à se rendre disponible pendant un soin n’est plus acquise. Le corps reste souvent en vigilance, les muscles contractés, l’esprit actif, limitant la profondeur du travail énergétique.

Cette réalité amène à repenser la préparation du corps avant le soin. Comment créer les conditions permettant au consultant de se déposer réellement ? C’est dans cette perspective que l’usage de postures et de supports inspirés du yoga restauratif s’est imposé comme un outil pertinent, permettant de favoriser un état de réceptivité et de disponibilité.

Yoga restauratif : principes essentiels

Le yoga restauratif s’est développé à partir des travaux de B.K.S. Iyengar1 et a été largement transmis par Judith Hanson Lasater2. Il repose sur l’utilisation de supports afin de placer le corps dans des postures confortables, stables et entièrement soutenues. L’objectif n’est ni l’étirement, ni la mobilisation active, mais une détente profonde obtenue par l’immobilité, la durée et l’absence d’effort.

Les postures sont peu nombreuses et maintenues plusieurs minutes, parfois longtemps, dans un confort total. Le corps est soutenu, enveloppé, protégé. Cette immobilité prolongée permet un relâchement progressif des tensions et favorise l’installation d’un état de repos profond.

Immobilité, détente et régulation

L’absence d’effort musculaire volontaire et la stabilité de l’installation envoient au corps un signal de sécurité. La respiration devient plus lente et plus ample, l’agitation diminue, et un basculement progressif vers un état de repos s’opère. Le corps quitte les états de vigilance et de mobilisation pour accéder à une détente physique, mentale et émotionnelle plus profonde.

Cet état nourrit le Yin, apaise l’agitation interne et favorise une circulation plus fluide du Qi et du Sang. La détente permet une redistribution de l’énergie vers les fonctions essentielles de réparation, de digestion et de régénération.

La notion de confort et le rôle des supports

La notion de confort, dans un cadre de soin énergétique, ne se réduit pas à une sensation agréable ou à une recherche de bien-être immédiat. Elle constitue une condition préalable à l’entrée du corps dans un état de disponibilité réelle. Un corps inconfortable, même légèrement, reste en vigilance : il ajuste, compense, résiste. Ces micro-tensions, souvent inconscientes, suffisent à maintenir une activité défensive qui limite la profondeur du soin.

Les supports (bolsters, briques, blocs, sangles, coussins, couvertures,…) permettent précisément de réduire ces ajustements permanents. Ils jouent un rôle fondamental. Sous la colonne vertébrale, ils favorisent un alignement doux et continu, limitant les tensions lombaires et cervicales. Sous les genoux ou le bassin, ils relâchent les chaînes musculaires postérieures, souvent contractées chez les personnes fatiguées ou douloureuses. En soutenant le corps, ils le déchargent de la nécessité de se maintenir. Il peut alors se déposer pleinement. Cette décharge musculaire n’est pas seulement mécanique : elle envoie au système nerveux un signal de sécurité et de stabilité.

Supports de Yoga Restauratif
Supports de Yoga restauratif

Autour du corps, les couvertures et coussins créent une enveloppe qui limite la dispersion et favorise le recentrage. Cette enveloppe agit comme une frontière claire entre l’intérieur et l’extérieur. Pour des personnes en état de fatigue profonde, de stress chronique ou de dissociation, les limites corporelles peuvent devenir floues. Le corps est là, mais mal habité. Les supports redonnent des repères tangibles : le poids du corps est perçu, les contours sont définis, les appuis deviennent lisibles. Cette délimitation facilite une reconnexion progressive aux sensations et à la présence corporelle.

Sur le plan énergétique, ce travail de soutien et de délimitation fait écho au rôle du Poumon et du Po, en lien avec la peau, la frontière corporelle et l’incarnation. En renforçant le sentiment d’intégrité corporelle, les supports participent à un meilleur ancrage et à une stabilisation de l’énergie défensive. Le corps n’a plus besoin de se protéger activement ; il peut se laisser faire.

Le confort ainsi installé n’est pas passif. Il ne s’agit pas d’un abandon ou d’un relâchement passif, mais d’un état de stabilité tranquille. Le corps est soutenu, tenu, contenu. Cette qualité de confort permet une détente plus profonde et durable, condition nécessaire pour que le travail énergétique puisse s’inscrire sans résistance.

Le vide, la détente du Coeur et la circulation du Qi

L’état recherché à travers l’installation soutenue et l’immobilité n’est pas le sommeil, ni une simple relaxation superficielle, mais l’émergence progressive d’un vide intérieur. Ce vide ne correspond pas à une absence,
mais à un espace libéré de la surcharge habituelle : tensions musculaires, agitation mentale, hypervigilance émotionnelle.

Lorsque le corps est entièrement soutenu, l’effort cesse. Cette cessation de l’effort ouvre un espace. Les pensées ralentissent, sans être forcées. Les sensations deviennent plus fines. La respiration se pose. Ce vide est un état de disponibilité dans lequel le corps et l’esprit cessent de produire en continu pour simplement être présents.
Dans cet état, le Coeur peut se détendre. La détente du Coeur ne signifie pas une extinction du Shen, mais son apaisement. L’agitation mentale, les ruminations, les tensions émotionnelles se calment progressivement. Cette détente du Coeur est essentielle à la qualité du soin. Tant que le Coeur reste tendu, le corps ne se relâche jamais complètement. Même si les muscles se détendent en surface, une tension plus subtile persiste. À l’inverse, lorsque le Coeur se calme, le relâchement devient global. Le corps accepte de lâcher sans crainte.
Le vide qui s’installe alors est un vide vivant. Il permet à la circulation du Qi de devenir perceptible, tant pour la personne recevant le soin que pour le praticien. Les variations de chaleur, de densité, de mouvement interne deviennent plus lisibles.

Cet état de vide favorise également une meilleure intégration du soin. Les informations transmises par le toucher sont reçues sans surcharge. Le corps n’a pas à trier, à se défendre ou à s’adapter rapidement. Il peut accueillir, transformer et assimiler. Le soin s’inscrit alors plus profondément au-delà de la séance elle-même.
Le vide du Coeur constitue ainsi un espace central du processus thérapeutique. Il ne se provoque pas directement, mais se crée par les conditions réunies : soutien, immobilité, confort, silence, absence de sollicitation. Lorsque ces conditions sont présentes, le vide émerge naturellement, et avec lui une qualité de présence calme, stable et attentive.

Comme le rappelle Song Ze Tong :

« S’il y a détente, il y a libre circulation ; s’il y a tension, il y a blocage. »

Cette phrase simple résume avec justesse ce qui se joue dans le cadre du soin. La détente n’est pas ici un objectif secondaire, mais une condition fondamentale de la circulation du Qi. Tant que des tensions persistent, même discrètes, la circulation reste entravée. L’installation soutenue, l’absence d’effort et le confort permettent précisément de relâcher ces tensions subtiles. Lorsque la détente devient réelle, la circulation s’organise d’elle-même, sans forçage. Le soin ne vient alors pas imposer un mouvement, mais accompagner un processus déjà engagé.

Cette dynamique éclaire le lien entre la détente du Coeur et la fluidité du Qi : lorsque le Coeur se calme et que le Shen s’apaise, le corps peut lâcher, et la circulation devient possible.

Ergonomie du praticien

Les supports sont disposés sur la table de massage de manière à améliorer le confort et la stabilité de la personne, sans modifier les conditions de travail ni l’ergonomie du praticien. Contrairement au yoga restauratif pratiqué au sol et sans sollicitation extérieure, le toucher fait ici partie intégrante du soin. Les postures et les supports ne constituent donc pas une pratique autonome, mais un appui au service des manoeuvres d’acupression.

Cette adaptation ne vise pas à transformer la séance en yoga restauratif, mais à faciliter le relâchement du corps et l’accès aux zones de travail, au bénéfice du déroulement du soin.

L’association des postures restauratives et du soin énergétique nécessite une réflexion en amont sur le déroulement de la séance. Le choix et l’enchaînement des postures sont pensés afin de limiter les ruptures, en particulier lors des transitions entre les positions ventrales et dorsales. Une installation anticipée des supports permet de réduire les temps d’ajustement et d’éviter que la séance ne soit fragmentée. Cette
continuité est essentielle pour préserver l’état de détente, le vide du Coeur et la fluidité de la circulation du Qi tout au long du soin.

Applications pratiques en situation de soin

Séance n°1 : Fatigue post-chimiothérapie

Éléments du bilan de médecine chinoise (acupression) pour une fatigue post-chimiothérapie

Postures restauratives choisies :

La priorité est de proposer une installation profondément restaurative, non invasive et peu fatigante, permettant au corps de se déposer sans effort tout en restant disponible au toucher. Pour ce faire, je choisis de positionner la personne sur la table dans la posture d’Adho Mukha Savasana. Cette installation ventrale renforce la sensation d’ancrage et de sécurité. Le soutien sous le thorax limite la pression abdominale, ce qui est particulièrement important en présence de reflux gastriques. La posture permet un relâchement progressif du dos et de la région lombaire, tout en maintenant une immobilité confortable.

Installation dans la posture d’Adho Mukha Savasana :

La posture d’Adho Mukha Savasana est proposée en position allongée sur le ventre, dans une version entièrement soutenue. Un bolster est placé dans le sens de la longueur sous le thorax et l’abdomen afin d’éviter toute compression excessive et de permettre au corps de se déposer sans effort. La tête repose sur une couverture enroulée et est soutenue de manière à préserver la nuque et la respiration. Une couverture pliée est placée sous les genoux et une couverture enroulée placée au niveau des chevilles. Les gros orteils se font face. Les bras sont positionnés le long du corps et les épaules sont soutenues par des coussins identiques. Les mains reposent sur une brique.

Yoga restauratif : posture d’Adho Mukha Savasana
Yoga Restauratif : installation dans la posture d’Adho Mukha Savasana

Installation dans la posture d’Adho Mukha Savasana – Photographie réalisée avec un modèle à des fins d’illustration.

A ce stade du soin, je demande à la consultante de se retourner, et j’installe rapidement les supports pour Salamba Navasa. Cette posture permet d’ouvrir très légèrement la cage thoracique, améliore la respiration et donne plus d’espace à l’estomac. L’élévation des jambes au-dessus du niveau de l’abdomen permet d’améliorer le drainage lymphatique.

Installation dans la posture de Salamba Navasana :

Je place des briques sous le bolster déjà en place, je retire les couvertures sous les genoux et en place une des deux sur le bolster avec un pliage permettant de maintenir la tête. Je place un bolster sous les cuisses et les mollets dans le sens de la longueur. Le bolster est surélevé par deux blocs. Les jambes sont maintenues par une couverture. Les coudes sont soutenus une brique de chaque côté. Je pose un petit foulard sur les yeux. Je couvre entièrement le corps de la personne en glissant la couverture sous le bolster et sous les coudes de telle sorte que la receveuse du soin soit emmaillotée tel un nouveau-né.

Yoga Restauratif : posture de Salamba Navasana
Yoga Restauratif : Installation dans la posture de Salamba Navasana

Installation dans la posture de Salamba Savasana – Photographie réalisée avec un modèle à des fins d’illustration.

Conclusion de la séance

L’installation soutenue et l’utilisation de postures restauratives ont permis de favoriser la réception du travail d’acupression. En libérant le corps de l’effort et en réduisant les résistances, elles ont facilité l’apaisement du Coeur et une circulation plus fluide du Qi.
À l’issue de la séance, une amélioration du confort digestif et une sensation de relâchement général sont observées. La respiration est plus libre. La consultante rapporte un regain d’énergie dans les jours qui ont suivi.
Cette séance illustre l’intérêt d’intégrer des outils posturaux adaptés au travail manuel, non comme une pratique autonome, mais comme un support thérapeutique permettant d’ajuster le soin aux capacités du moment et de préserver l’énergie des personnes en état de grande fragilité.

Séance n°2 : Troubles anxieux

Éléments du bilan de médecine chinoise (acupression) pour des troubles anxieux

Postures restauratives choisies :

Les postures sont utilisées comme outil de soutien du soin, afin de contenir l’agitation sans la stimuler, favoriser l’ancrage et permettre un apaisement du Shen. Je choisis de positionner la consultante en Adho Mukha Swastikasana.

Installation dans la posture d’Adho Mukha Swastikasana

Un bolster est posé sur deux briques dans le sens de la longueur et un autre bolster est posé sur celui-ci perpendiculairement. Deux couvertures carrées sont placées devant le bolster. La personne est assise sur le coin des couvertures. Un coussin est posé sous chaque genou pour éviter tout étirement. La personne se penche en épousant complètement le bolster du dessous qui doit toucher son bas ventre, son abdomen et sa cage thoracique. Sa tête quant à elle repose sur le bolster du dessus tout en gardant un espace pour respirer. Les bras se reposent sur le bolster. Une couverture recouvre la personne et l’enveloppe entièrement.

Yoga Restauratif : posture d’Adho Mukha Swastikasana
Yoga Restauratif : Installation dans la posture d’Adho Mukha Swastikasana

Installation dans la posture d’Adho Mukha Swastikasana – Photographie réalisée avec un modèle à des fins d’illustration.

A ce stade de la séance, je demande à la consultante de se retourner sur le dos et l’installe dans la posture de la Chaise longue. Chez certaines personnes souffrant d’angoisses sévères, la position allongée sur le dos peut majorer l’inconfort. Elle peut être vécue comme une perte de contrôle ou une immobilité trop totale, rendant difficile l’abandon nécessaire au soin. La posture de la chaise longue permet d’éviter cet écueil en maintenant une verticalité relative, plus rassurante pour le corps.

Installation dans la posture de la Chaise longue

Les blocs et le bolster du dessous sont conservés avec pour objectif d’obtenir une position inclinée à 45° et une couverture est posée au niveau de la tête avec un pliage pour la maintenir. Un second bolster est placé sous les genoux. Les coudes sont soutenus par des blocs. Une couverture enroulée est placée sous les tendons d’Achille.

Yoga Restauratif : Installation dans la posture de la chaise longue
Installation dans la posture de la Chaise longue – Photographie réalisée avec un modèle à des fins d’illustration.

Conclusion de la séance

À l’issue de la séance, la personne ressent une détente et beaucoup moins d’oppression. Elle baille beaucoup et se sent plus calme. La consultante indique une persistance de l’état de détente dans les semaines suivant la séance.

Perspectives d’évolution de la pratique

L’approche présentée ici s’inscrit dans une dynamique évolutive, attentive aux besoins des personnes accompagnées et aux ajustements possibles du cadre du soin.
L’usage des supports et des principes posturaux du yoga restauratif ouvre également la réflexion vers d’autres formes de yoga pouvant être adaptées au soin manuel sur table. Le Yin Yoga, par son travail sur les tissus profonds, les fascias et les méridiens, constitue une piste intéressante. Maintenues dans la durée, ses postures favorisent la mobilité, la libération des tensions profondes et une présence corporelle soutenue.
Adapté avec discernement à un cadre de soin sur table, le Yin Yoga pourrait enrichir la pratique en fonction des besoins spécifiques des personnes accompagnées et des objectifs du soin.

Mise en perspective

Cette approche peut être mise en perspective avec un principe fondamental de la pensée taoïste, selon lequel la multiplicité des manifestations invite ultimement à un retour vers l’unité, puis vers le vide. Ainsi, l’ajout de supports et de couches ne vise pas l’accumulation, mais participe à un processus de dépouillement progressif, permettant au corps de se défaire de l’effort et des résistances, afin de revenir à un état plus simple, plus disponible et propice à une circulation plus libre du Qi.
Cette approche peut également être mise en perspective à travers la relation Yin–Yang. Les supports, par leur fonction de soutien, d’immobilité et de contention, relèvent du Yin et favorisent la circulation du Qi, de nature plus Yang. Ainsi, en nourrissant le Yin on favorise l’expression du Yang, tandis que la circulation du Yang participe au maintien de l’équilibre Yin-Yang.

Sources

  • Yoga restauratif – Audrey Favreau
  • Qi Gong Tuina, philosophie et diagnostic – Amaël Ferrando
  • B.K.S. Iyengar, Light on Yoga, Schocken Books.
  • Judith Hanson Lasater, Relax and Renew: Restful Yoga for Stressful Times, Rodmell Press.

Article de fin d’études en Acupression réalisé par :

Séverine Amy
29, rue Carnot
95430 Auvers sur Oise
amy.severine@icloud.com

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